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Chaire
« Risques émergents et technologies : De la gestion technologique à la régulation sociale »
IMT Atlantique

Si nos sociétés innovent et produisent des richesses, elles produisent dans le même temps des risques avec pour certains des effets décalés dans le temps ou difficilement perceptibles. Nos sociétés modernes se caractérisent à cet égard par la multiplication et l’émergence de nouveaux types de risques (environnementaux, sanitaires, financiers, etc.). Le risque s’impose ainsi comme une donnée centrale dans le fonctionnement de nos sociétés modernes. Que l'on pense aux risques hypothéquant l'avenir de la planète (pollutions, réchauffement climatique, réduction de la biodiversité), aux risques d'accidents et de conflits nucléaires, aux risques de nouvelles épidémies, aux risques concernant la « démocratie » (menaces terroristes), aux risques auxquels sont exposées les entreprises. Le mot risque est fortement présent dans la rhétorique des experts, des dirigeants et cadres d'entreprise, des politiciens; il occupe une place privilégiée dans les formations au management. La « crise financière » que nous vivons ne confirme-t-elle pas le bien-fondé de l'étiquette « société du risque » pour désigner la société actuelle ?

Au fil du temps, le risque s’est imposé comme une entrée pertinente pour comprendre les sociétés contemporaines et les défis auxquels elles doivent faire face, au point que d’aucuns, à l’instar du sociologue allemand Ulrich Beck, annoncent l’émergence d’une « société du risque ». Ce dernier, professeur de sociologie à l’Université de Munich, écrivit en 1986 un ouvrage pionnier, Risiko Gesellschaft, (La société du risque) qui, publié peu de temps après la catastrophe de Tchernobyl et traduit en anglais en 1992, connut un grand retentissement. Ulrich Beck considère ainsi que la science est devenue l’instrument incontournable de mesure et de gestion des risques contemporains, et se trouve confrontée à des exigences nouvelles. Mais, pour accepter un risque donné, encore faudrait-il que les connaissances minimales nécessaires à la compréhension des situations à risques et des alternatives envisageables soient acquises par les individus. Or, en entretenant l’illusion que les risques peuvent être entièrement éliminés, ou du moins maîtrisés, l’expertise scientifique est source de bien des malentendus. La société contemporaine, société – industrielle – du risque, devient alors un lieu de méfiance généralisé où profanes, et parfois même les experts, doutent et remettent en question les fondements sur lesquels elle s’est construite. Ulrich Beck préconise, en conséquence, une transformation complète des formes classiques de la vie publique. Les interfaces entre domaine d’expertise scientifique, les politiques publiques et les citoyens constituent dans  cette perspective des angles d’analyses à questionner. 


Le défaut de consensus social sur ce qui est dangereux ou non, sur le niveau de dangerosité ou sur ce qu’il convient de faire en situation d’incertitude et, en définitive, sur le degré d’acceptation du risque, constituent des défis sociétaux majeurs. En effet, notre société est paradoxale : de moins en moins dangereuse, mais de plus en plus risquée. La prolifération contemporaine de la notion de risque s’attache aussi bien aux grandes menaces planétaires (destruction de la couche d’ozone, effet de serre…) qu’aux comportements individuels qui ponctuent notre quotidien (tabagisme, conduite automobile…). Les risques écologiques ou technologiques révèlent le fossé qui sépare les experts des profanes et suscitent de nouvelles exigences démocratiques, tandis que les risques individuels modifient notre façon de concevoir nos rapports avec autrui.

 
La chaire « Risques émergents et technologies, de la gestion technologique à la régulation sociale » souhaite établir un débat public sur ces sujets et développer l’interaction de la communauté scientifique et des acteurs politiques, économiques et citoyens de la Région des Pays de la Loire, partenaire du projet à hauteur de 380 K€ pour une durée de 3 ans.


L’École des Mines de Nantes pilote de la culture et du savoir autour du risque

Portée par le département en Sciences Sociales et de Gestion (SSG), cette nouvelle chaire privilégie une approche interdisciplinaire et s’appuiera largement sur les travaux développés par les autres départements de l’école. La sécurité des données pour le département Automatique, Productique et Informatique, la maîtrise des enjeux industriels, scientifiques et sociétaux liés au nucléaire et des risques induits avec SUBATECH (Mines Nantes, Université de Nantes, CNRS-IN2P3) et enfin, l’expertise en matière d’impact environnemental avec le Département Systèmes Énergétiques et Environnement (DSEE) - UMR GEPEA.


« L’enjeu est d’interroger les frontières et le partage de la gestion du risque entre les parties prenantes, mais aussi de fixer les modalités de régulation du risque entre les pouvoirs publics, le savoir scientifique et la sphère citoyenne », expose Sophie Bretesché, enseignant-chercheur au SSG et animatrice de la nouvelle chaire. Cette ambition passe par l’intégration de ces thématiques à la formation des élèves ingénieurs de l’École des Mines de Nantes, mais aussi par l’organisation d’un réseau scientifique à l’échelle du territoire et la sensibilisation des citoyens dans la prévention et les réponses face à ces risques. Plusieurs actions sont déjà planifiées en ce sens, comme l’organisation de journées thématiques, de débats citoyens ainsi que la venue d’intervenants prestigieux issus d’universités et de grandes écoles nationales et internationales.

 
 
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